
Destructo Swarmbots : The Mountain (EP) (Public Guilt)___
Gravé sur un mignon petit CD 3 pouces, le Mountain Ep de Destructo Swarmbots ouvre sur des paysages bien sombres, et pour tout dire franchement inquiétants. Des voix et quelques machines non identifiées se mêlent en introduction, avant que l'auditeur ne soit jeté brusquement dans une mer - agitée - de guitares et de sons électroniques. Il en émerge par instants quelques phrases qu'on attribue, faute d'indications certaines, à un musicien soliste fantomatique.
La musique de Destructo Swarmboats est en fait le produit d'un duo basse-guitare composé de Mike Mare et James O'Brien, issu d'une scène expérimentale américaine tentaculaire et en pleine effervescence. Tout au long des trois plages du disque, la profondeur de champ sonore change d'un moment à l'autre, mais l'image demeure toujours aussi massive et indistincte. Un scintillement de synthé, une note de piano passée à l'envers l'éclairent fugitivement, certains passages de guitares évoquent les morceaux les plus destructurés de My Bloody Valentine, la poésie au papier de verre en moins. Plus tard, après l'apparition de sons de cloches à la septième minute d'un morceau, des notes de clavier insistantes finissent par dominer le tumulte.
L'horizon mental de Destructo Swarmbots semble être un univers de boucles inconciliables les unes avec les autres, qu'il serait vain de chercher à superposer sur un même tempo. Là n'est pas le propos du groupe. Cet ensemble évolue lentement, mais en fonction de règles qui restent totalement obscures. Et cela laisse en définitive l'impression d'entendre quelques passages découpés dans de longues heures de jam particulièrement noires et sauvages. (04/11/2005) (Thibaut Lemoine)