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Point Line Plane : Smoke Signals (Skin Graft)____________

Attention, disque à tiroirs. Tout démarre dans un grondement indéfini mais persistant, qu'on identifiera comme vaguement cousin de l'orgue. Grondement continu et menaçant, bientôt coiffé de coups de caisse claire éparses, rageurs. C'est "Smoke Signals", premier morceau et titre du deuxième CD du trio américain Point Line Plane.

Sur la deuxième plage "Adult Contempt", on se retrouve téléporté à une époque située approximativement à la fin des années 70, comme dans un tube post-punk et synthétique à la Wire. En parcourant cet univers décadent, violent et tourmenté, le plus troublant est peut-être de constater que Point Line Plane est un groupe de rock sans guitare. En dehors d'une batterie au son très cru, absolument pas électronique, tous les sons y proviennent de synthés, claviers et autres effets, ce qui donne dès le départ une certaine étrangeté au son.

Par ailleurs, et contrairement à d'autres productions de son label Skin Graft, la musique de Point Line Plane n'est pas instrumentale, en dehors de deux morceaux servant d'interlude, et c'est peut-être cela qui rend son cas aussi étrange.

Dernier membre arrivé dans le groupe, Joshua Blanchard, a une voix totalement atypique: haut perchée, implorante et emportée, sa première caractéristique est la théâtralité. Entièrement détaché du souci de "faire joli", le chanteur renvoie à des groupes encore et toujours punk, comme The Ex; à moins que ce ne soit à une obscure vedette des années new wave ; ou encore à la grandiloquence du rock progressif...

Quoiqu'il en soit, la voix de Blanchard ne se fait pas facilement accepter, et on l'imagine facilement comme un personnage plutôt dérangé. "Say something...", répète-t-il une bonne demi-douzaine de fois d'un air effondré sur le titre d'ouverture. Finalement, la singularité du son d'ensemble, ce côté rugueux et l'alternance particulièrement soignée des tensions et des détentes font revenir, à intervalle rapproché, ce disque Ovni sur la platine ; où les éructations du chanteur finissent par trouver leur place, au sein d'un décors aux couleurs sombres, entre rouge et gris. Un disque qui, comme les trois dernières productions Skin Graft que nous avons pu écouter, ne dépasse pas les 35 minutes. (26/04/2005) (Thibaut Lemoine)

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